Early projects

"Cold room"- Septembre 2003-

(interview d'Illian - "Dancefloor")


1 - Votre troisième album Dancefloor vient de sortir, pourriez vous nous présenter Cyanhide pour les lecteurs de Cold Room qui ne vous connaitraient pas encore?

CYANHIDE est un projet qui remonte au début des années 90 à peu près. Il y a eu plusieurs époques, plusieurs équipes, mais bon, ça a avancé progressivement et aujourd'hui ça s'est stabilisé sur un Line-Up réduit à 2.
Le premier album, 'Early projects' est sorti en 1998 et était une sorte de compilation des anciens morceaux (depuis 93). Ensuite, il y a eu 'Cairns' qui était plus un album concept, plus celtique.
Aujourd'hui, l'album 'DanceFloor' est là. Il est plus rythmé que les précédents, et est taillé pour les concerts.


2 - Quel a été votre parcours musical?

Evhen vient du monde du Métal. Il a joué avec 'Proton Burst' à unE certaine époque, et était bassiste. Il est passé à la guitare il y a juste quelques années. Il a eu un projet de Death-Metal à une certaine époque avec des concerts, des démos, etc...
Personnelement (Illian), j'ai commencé au synthé et au chant. Je me suis collé à la guitare après parce qu'on ne trouvait personne pour faire ce qu'on voulait. Je n'ai jamais fait de reprise et ai toujours composé, dès le premier jour. C'est mon premier credo en fait: la compo.


3 - Cyanhide est aujourdhui un duo, d'autres personnes ont elles croisé votre route depuis la création du groupe?

Oui. A une certaine époque on était 4 (3 guitares + 1 basse), mais ça faisait trop ZZ-TOP. Avant, on a eu un batteur pendant 1 an et demi, enfin, je crois qu'on vraiment tout essayé (sauf peut-être un trapezziste). Le le line-up à deux s'est imposé (assez récemmennt d'ailleurs) quand on en a eu marre de perdre notre temps. Ca va plus vite comme ça. C'est juste pour la scène que ça m'ennuie un peu. Mais comme ça, ç'est encore ce qu'on a trouvé de plus efficace. En fait, on est complémentaire. Il est plus rythmique et moi, plus mélodique (même si tous les 2, on commence à faire un peu de tout maintenant (on est pas complètement abruti non plus, on apprend avec le temps))


4 - Etes vous à la recherche d'autres musiciens, un batteur par exemple, pour completer votre formation?

Un batteur, ah oui, ça me plairait. Mais les bons batteurs (il en faut un, car on a de la double grosse caisse, et on travaille à la synchro), viennent soit du Métal / Jazz, et ils s'ennuient avec nous (ils peuvent pas taper tout le temps comme ils voudraient), soit ils sont trop 'light' (pas carrés, pas au point, pas motivés, pas sympas, etc...) et ça ne colle pas.
En fait, je crois que c'est juste une question de personne et d'occasion. Je ne perds pas espoir de rencontrer la bonne personne. C'est comme les histoires d'amour en fait...


5 - Quelles sont vos influences? (musicales et autres)

Les bases musicales sont gothiques (les grands classiques), electro-indus et métal. Si il faut citer des groupes, je dirai Skinny Puppy (en gros et en gras), Cure, D.M., Front Line ASsembly, Front 242, Sisters, Fields, Chameleons, les Smiths, Das Ich, Velvet Acid Christ, etc...

6 - Vos trois albums sont autoproduits, éprouvez vous des difficultés à trouver un label ou aimez vous simplement faire tout le travail par vous même?

C'est vrai qu'on a beaucoup de mal a trouver un label. En France, c'est désert de Gobi, c'est lisse comme le crane de Teli Savalas. Tout le monde s'en fout. On pourrait tourner des films pornos que ça n'y changerait rien...
D'un autre coté, on fait ce qui nous plait, et on a l'immense avantage d'être propiétaires de tous les morceaux, ce qui n'est pas le cas de la plupart des groupes signés. Souvent, ils ressemblent plus à des marionnettes qu'à des groupes. On est très libre dans les compos, et fait ce qui nous plait, et on emmerde le monde. C'est l'aspect positif.
Mais bon, c'est quand même chiant à la longue. J'espère que ça va changer...

7 - A l'écoute de votre nouvel album, intitulé Dancefloor, on découvre de très bons morceaux darkwave, mais que personnellement je n'ai pas trouvés très dansants, pouvez vous nous éclairer sur le choix du titre de cet album?

C'est marrant ça. Pourquoi veux tu absolument que parce qu'un album s'appelle DanceFloor, tous les titres soient DanceFloor ? Quand tu as acheté Pornography (the Cure), tu t'attendais vraiment à avoir des hurlements obscènes de copulations débridées à chaque chanson ? Idem pour "Faith", idem pour "seventeen seconds", "the top", etc.... Le titre d'un album et son contenu n'ont pas forcément de lien simple. D'ailleurs, dans l'industrie musicale, l'habitude est de prendre le premier ou le dernier titre d'un album qd on en sait pas quel titre donner à un album.
Ici, 'DanceFloor' (le morceau) décrit l'ambiance des soirées, les jeux de séduction, la futilité, l'image que l' on veut véhiculer, l'hypocrisie et le faux et le vide des regards dans ces moments là...
Le titre de l'album 'DanceFloor', n'est pas du tout au même niveau. C'est plus ironique, plus cynique, ça concerne le monde à un niveau plus global. L'idée, c'est que la plupart des gens se focalisent sans arrêt sur leur personne et leur quotidien direct, il s'abrutissent, consomment sans relache, et oublient leurs voisins qui crêvent à leur porte. Alors que quelque part, ce devrait être leur première préoccupation. Il y a un décalage assez fou des priorités dans ce monde, et c'est ce que décrit ce mot, dans ce contexte. Et là, on retrouve une cohérence générale (Teen, Psychiatry, hammerland, people, shrapnels ...)
Le fait qu'un mot concerne un titre ou un album en change complètememnt le sens. Le titre d'un album n'en a jamais été le résumé. Ce serait trop simple...

Sinon, l'album a surtout été construit pour le live, et pas pour les soirées. Le morceau 'Dancefloor' a été créé à partir de l'idée suivante: 'on va faire un morceau commercial (entre guillement, faut pas déconner non plus), mais à notre sauce. Comme ça, c'est nous qui fixont les règles, et pas une société de prod. avec des critère standardisés et précalibrés'.
J'ai entendu beaucoup de titres dansant en soirées, qui tiennent nettement plus de la variété qu'autre chose. C'est souvent complètement niais, et on rivalise plus avec la danse des canards et claude françois, qu'avec l'underground. Je sais que le milieu a changé, mais quand même, on peut garder un esprit critique et ne pas tout accepter béatement sous pretexte que 'Machin' a dit que...
On voulait prouver qu'on pouvait faire quelque chose de dansant sans que ce soit complètement creux pour autant. Pour la petite anectode, ce morceau ('DanceFloor') est en fait un très vieux morceau: il date de 1989-1990. Je l'ai repris de mes archives (de mon vieil Atari ST), pour la circonstance. Comme quoi, l'ochestration fait tout...


8 - Comment se passe la création de vos morceaux, qui compose, comment le travail est il réparti?

Il n'y a pas vraiment de règle, mais globalement, je crée une base mélodique avancée (avec la mélodie et le chant en 'yahourt'), et on modifie la rythmique avec Evhen ensuite. Par phases itératives (mélodie-ryhmique-mélodie-rythmique-...), on fait avancer le morceau progressivement, et il se stabilise spontanément à une sorte d'optimum, et voilà...
Le point de départ est souvent un son, un bruit, une mélodie qui me fait réagir, et comme j'ai beaucoup d'imagination, ça tourne dans ma tête, encore et encore, et ça se précise tout doucememnt...


9 - Des concerts sont ils prévus?

On a des prospect en cours. Je ne sais pas qd sera publié cette interview. Le mieux est de venir sur notre site (http://cyanhide.com) où toutes les dates de concerts sont données et mises à jour régulièrement. Ces temps-ci, on va jouer à Geneve, à Rennes, à Strasbourg. La Belgique bouge pas mal question concert, beaucoup plus que la France en fait (exception faite du Nord).
Sinon, on ferait bien des concerts toutes les semaines. Enplus, on a un système de lumières syncrhonisées avec la musique, et ça nous ouvre des portes interessantes au niveau scénique. Ca va évoluer, mais c'est déjà sympa comme ça...


10 - Quelle est votre vision de la scène goth/underground actuelle?

Ca a beaucoup changé et je trouve que la scène goth n'est plus du tout underground (à part quelques exceptions). Ou est l'energie, la niak, la constestation d'avant ? Là, souvent on assiste à des soirées de bourgeois endimanchés, pseudo-rebelles, mais moutons comme pas deux. Ca pue le fric à Papa-maman, ça me gène un peu, je le reconnais, je ne m'y sens pas toujours chez moi...
J'aimais l'esprit punk (moins la musique) d'avant. Au moins les gens essayaient de faire bouger les choses... Et c'est qd même ce qu'à besoin ce putain de monde.


11 - Un dernier mot?

Je suis content de constater le retour de Fanzine/Webzine en France (comme le votre), après leur quasi-disparition après la sortie de revues nationales goth à gros tirage. Il n'y a plus de pensée unique on dirait... C'est mieux...
Tout arrive.