Early projects

"Dark Spirit in a candle"- Octobre 2003-

(interview fleuve d'Illian (Prenez une tasse de thé !) - "Dancefloor")



1 – Cyanhide est né des cendres de Shroud of Cyanhide – quel a été votre parcours depuis vos débuts ?
Comment a évolué votre line-up ?
Pouvez- vous également nous présenter les albums antérieurs à votre petit dernier - Dance Floor - ?
Pourquoi ce changement de monicker ?

Il s’est juste s’agit d’un renommage lié à un souci de simplification (les français ont un mal fou à prononcer ‘shroud’), rien d’autre. Il s’agit toujours du même projet, avec le même esprit et les mêmes instruments.
CYANHIDE est un projet qui remonte relativement loin (début des années 90). Il y a eu pas mal d’intervenants, plus ou moins heureux, plusieurs essais et aujourd’hui on s’est stabilisé récemment à 2, histoire d’avancer efficacement. On a trop perdu de temps par le passé à essayer de faire rentrer des carrés dans des ronds, et aujourd’hui c’est fini. On est pas devenu complètement obtus non plus, mais bon, il y a des moments dans la vie où il faut statuer, et avancer, quelque fois à regrets...
« Early projets », le premier CD sorti en 98 est essentiellement un projet personnel, qui a été réalisé avec peu de moyens. Il s’agissait de mettre à plat tous les morceaux existants, les terminer, pour pouvoir passer à autre chose. On reste parfois bloqué sur des projets à demi fini, et ce n’est pas bon, car on tourne en rond, encore et encore. Cet album servait surtout à sortir de cette spirale.
« Cairns », le deuxième album, est plus celtique à mon sens, moins rock, et peut-être plus gothic. Il est plus conceptuel que « Early Projects » et les morceaux forment un tout. Ca ressemble moins à une compil. La encore, je me suis beaucoup impliqué dans l’écriture et la production (avec des moyens à peine supérieurs à ceux du CD précédent). C’est à cette époque, vers la fin de la production du CD, que CYANHIDE comptait 4 membres (1 basse + 2 guitare + 1 chant/guitare). Le but était les concerts et un travail de groupe au sens classique du terme. Mais bon, les choses ne se sont pas passés si simplement. De mon point de vue, j’attendais plus d’implication de la part des autres, et ce n’est pas venu. Eux attendaient tout de moi, et se laissaient (grosso modo) un peu vivre et porter par les évènements. Ca ne pouvaient pas durer éternellement, et ça a fini par clasher. Bref retour à la case départ (ou presque).
Pour le 3ème CD (« Dancefloor »), les moyens techniques s’améliorent vraiment, et j’ai recontacter Evhen avec qui j’avais travailler sur certains morceaux de « Early Projects ». Son groupe de Death-Metal n’avançait pas comme il voulait et il en avait un peu marre. Je savais qu’il était intègre et sérieux, et on s’est remis à travailler ensemble, comme au bon vieux temps, c’est à dire à l’époque d’avant « Ealry Projects ». Depuis ça roule comme ça. On aimerait bien intégrer d’autres gens, mais on est un peu désillusionner, il faut le reconnaître. Nous verrons bien.

2 – Il semblerait que deux sensibilités musicales différentes soient marquées dans le groupe – celle d’ Illian se tournant plutôt vers l’ électro, le gothique et l’indus et celle d’ Evhen avec une sensibilité marquée métal – A l’heure actuelle, est très tendance le mélange electro – métal –
- Comment vous partagez-vous le travail de composition ? Savez-vous globalement très rapidement comment va sonner un titre – plus électronique ou plus métallisant - ou au contraire y a – t –il un lent processus de création assez loin des chutes originelles des dit mêmes titres ?
- Comment définiriez – vous le son, l’esprit Cyanhide ? N’avez-vous pas peur des assimilations involontaires , par trop rapides parfois, des groupes dûes aux effets de mode qui parfois déservent les démarches artistiques passionnées et honnêtes?

Evhen travaille plus la rythmique, moi la mélodie. On se partage le travail et il n’y a pas de conflit, car on ne se bat pas du tout pour le même bout de viande. Il n’y a pas de règles dans les compos, si ce n’est que le chant est écrit APRES la musique (de façon à lui coller au mieux).
On peut par contre, effectivement, décider du type de morceau que l’on veut (bourrin, électronique, calme, agressif, planant...). Généralement, je pars sur une compo perso, et on la fait évoluer à deux en la critiquant, en la triturant. On n’est jamais très loin du plan original, mais on l’a re-travailler encore et encore.
En ce qui concerne les effets de mode, je crois qu’on y est pas trop sensible, parce qu’en fait, on s’en fout complètement. Il y a des hordes de groupes qui utilisent tous le mêmes matos, cherchent le même son. Pour ça, je dois dire qu’on est vraiment en marge des autres, car on fait vraiment nos trucs dans notre coin, sans regarder ailleurs, parce qu’on est des têtes de lards, avec nos bidouilles à nous, notre expérience. Après chacun raconte ce qu’il veut, on n’est pas là pour faire la police. On trouvera toujours qu’un truc ressemble un peu à ceci ou à cela, ou alors que ça fait penser à autre machin, mais ça c’est inévitable, ça a toujours été très français de comparer et de toujours chercher à tout ranger dans des cases étiquetées.
J’écoutai de l’EBM il y a 15 ans, lui du métal, et c’était bien avant cette ‘mode’ actuelle (on ne se connaissaient même pas). Ca ne date pas d’hier, donc, et non, on ne craint pas les critiques là dessus, car notre démarche est tout sauf opportuniste.
Sinon, le mélange Electronique-Guitare électrique est un des trucs les difficiles à faire en musique. Faire de l’électronique tout seul, c’est assez facile (et paf, un pavé dans la mare). Faire de l’électrique, c’est plus dur (si, si). Mais alors les deux ensemble, bonjour le bordel et le travail pour que tout sonne bien ensemble. C’était un truc qui nous intéressaient tous les deux, donc là, on s’est rejoint.


3 – Comme tout bon groupe d’électro qui se respecte, je suppose – et je dis cela à la lecture de votre pressbook – que les discussions concernant le matériel et techniques d’enregistrement des titres sont récurrentes et privilégiées. J’aimerais donc que vous nous expliquiez comment a évolué votre son, grâce à quel matériel et surtout comment avez-vous optimisé votre production ?
Question sûrement un peu stupide, mais la qualité du matériel est-elle essentielle à la production de bonne électro ? J’entends par là qu’un musicien peut avoir un matos moyen en métal et en tirez souvent quelque chose de plutôt satisfaisant …qu’en est-il dans votre domaine ?

Au niveau matos, c’est toujours le fric qui nous a manqué. On a toujours fait le maximum avec ce qu’on avait, mais des fois, c’était limite. Comme on a jamais eu de maison de prod, ni de studio, on a enregistré tous nos albums à la maison. « Dancefloor » a par exemple été enregistré dans un HLM. Moi je dis que c’est pas mal vu les moyens qu’on avait.
Ceci dit, travailler avec du matériel cheap n’est pas payant. Il faut vraiment faire un effort au niveau de la qualité du matos, c’est toujours bien mieux au final. On perd tellement de temps sur des conneries sinon. Bref, peu, mais bien...
Dire qu’en métal on arrive avec des trucs bien avec du matos moyen, c’est pas si vrai. Tu sais que les pistes de guitares des albums de métal sont doublées, voire triplées en studio, pour faire un gros son. Et quand on regarde le prix d’une tête MesaBoogie, ça calme !
En Electro, il faut du fric (la musique électronique a toujours été chère): un très bon sampler (EMU / Akai), un bon séquenceur sur PC (pas de séquenceur interne, c’est trop chiant), et surtout de l’idée et ... du bon goût. Ca, ça ne s’achète pas en magasin ça. A l’inverse, beaucoup d’idées et peu de matos, c’est vraiment du gâchis.
Aujourd’hui on travaille sur des racks MOTU (entrées/sorties numériques de qualité au dessus de tout soupçon), sur SONAR (Cakewalk) avec nos racks de guitares et de voix, un EMU E4X et deux ou trois conneries autour. On essaye d’ajouter des nouvelles choses à chaque albums, de façon à ne pas trop tourner en rond, mais bon, le problème est encore une fois... les sous...


4 – Il est très habituel sur la scène électro d’effectuer des remixes entre groupes, voire même de sortir des albums entiers de remixes ou des splits.
Est-ce une proposition que l’on vous a déjà faite ?
Avez-vous déjà effectué des remixes et si oui de quel groupe ? Quel serait le remix que vous rêveriez faire ?

On a eu une proposition, mais c’est vrai qu’on est pas très friand de ça. On a déjà pas assez de temps pour faire nos propres prods, alors de là à en passer pour des morceaux d’autres groupes...
Mais s’il y avait des remix à faire, je ferais des trucs des années 70, ce serait plus rigolo, et moins surfait...


5 – Dancefloor est votre dernier album en date et force est de constater à son écoute, à la lecture de vos textes que le verbe y est acéré, distillant un regard et une vision amère de notre société dans une jubilation ironique visible dans le choix de votre titre. Vous rendez en effet compte par le biais d’arrêts sur images de bon nombre de dérèglements , de travers , de faiblesses etc….En opposition, musicalement il est plutôt dynamique – énergique.
- Est-ce – comme dirait Guillaume Depardieu –une manière – par le support d ‘un album de pouvoir combattre une forme de fatalité ambiante qui nous paralyserait tous ? De faire son ‘ Octobre rouge ‘ comme il le dit plus précisemment au vu d’une léthargie décadente et souterraine?
- Pensez-vous que votre message soit entendu, compris, senti, ressenti ?

Oui, j’aime bien cette idée de fatalité ambiante, c’est tout à fait ça. Les gens sont mous, mais mous. C’est quoi, le shit qui les rend larvesques comme ça ? Moi, ça m’énerve. Il y en a qu’on aurait envie de secouer dans tous les sens, histoire de faire décoller la pulpe du fond... Quand je pense aux étudiants de 68 qui cassaient tout, à ceux des années 80 qui manifestaient en masse pour un rien. Aujourd’hui, on ne les entend pas, de vrais moutons bien dociles. De la chair à canon tout prête. Sans jeu de mot, ça tue !
Message entendu ? je ne sais pas. Je n’ai pas l’impression que beaucoup de gens lisent les textes, ils se contentent de la sonorité de la voix, et basta (on est consommateur ou on ne l’est pas). J’écris les textes surtout pour moi maintenant. Je n’ai pas l’illusion de révolutionner les foules. Jamais personne n’est venu me voir en me disant ‘ouais je suis d’accord avec toi’, mais par contre, ‘j’aime bien tes groles’, ‘c’est quoi ta guitare’ etc..., là oui...

6 - Hammerland est un texte contestataire particulièrement savoureux – dénonçant les dérives médiatiques, sa dangerosité sournoise – machine à lobotomisation lente mais sûre – peut-être rendre un hommage aux efforts d’ Arte qd même J - mais également à l’envahissement destructurant du pouvoir de l’argent .
- Vous qui évoluez dans un domaine artistique, particulièrement soumis à la pression commerciale, que percevez-vous de cette cohabitation impossible entre le commerce et l’art ?
- Plus spécifiquement, et aussi aux vues de récentes atteintes aux droits des intermittents du spectacle quel est selon vous l’avenir des Arts en général, en France , financièrement parlant, dans leur traitement dans la société ? En Italie, notamment, il se trouve que les intellectuels s’inquiètent sérieusement de leur indépendance artistique au vu de l’hégémonie de distribution, diffusion artistique par le présent pouvoir – pensez – vous qu’aux vues de l’industrie musicale en perte de vitesse, la musique soit en danger ?


Ah, enfin quelqu’un qui a lu les textes !
Oui, l’argent tue l’art de façon hallucinante ces temps-ci. L’industrie s’est trop emparée de ce domaine, et on produit des CDs comme on produit des assiettes. On parle ‘marché’ alors qu’on devrait parler ‘poesie’. Le plus inquiétant, c’est que la masse des gens, des consommateurs devrais-je dire, accepte ça sans broncher, et se rue sur les StarAc’ et autres pures merdes imposées par des usines à fric dont le but reste d’engranger un max de thunes. Je ne suis pas communiste pour trois francs J, mais bon, ça en devient ridicule. Je ne sais pas, on peut quand même rester critique non ? En fait, ça m’a toujours fait penser à une certaine bourgeoisie/aristocratie qui utilise ses privilèges financiers pour rester en place, défendre becs et ongles ses acquis, sans même avoir le panache de se retirer en beauté. Quand on a plus rien à dire, il faut savoir passer la main...
Pour les intermittents, le problème est qu’il y a eu trop d’abus, et que nombre de feignasses se sont déclarés ‘intermittents du spectacle’, histoire de toucher de la thune sans trop rien branler. Si tous étaient des artistes créatifs et sincères, il n’y aurait pas de problème. Et puis il y a aussi les boites de prod audiovisuelles qui ont abusivement déclarées des secrétaires et autres, comme intermittents du spectacle, histoire de les payer trois francs, six sous. Tout le monde a tiré la couverture à soi, et maintenant, il n’y en a plus... Super ! C’est un problème complexe, et assez indémerdable je crois. Personne n’a totalement, tort, personne n’a totalement raison.
La musique est en danger depuis longtemps, et je pense même, que c’est un peu tard pour se poser a question. Il n’y a qu’à allumer son poste pour voir l’avalanche de pures niaiseries qu’on bassine aux foules. Même en soirées Goth/Electro, on a des trucs plus que limite, flirtant avec de la variété.


7 – Il est également inquiétant de constater que l’esprit originel de la culture gothique découlant du punk – véhiculé par des groupes aussi emblématiques, que Christian Death, Joy Division et de personnalités rares comme Diamanda Galas – est à l’agonie – du fait d’une surexposition médiatique basée sur un look, un granguignolesque effet de mode, non plus fruit d’un esprit underground et malheureusement en ligne de mire première pour les businessmen et publicistes en tout genre les adolescents dont les goûts sont – et ce n’est en aucun cas une marque de mépris – évolutifs, fluctuants.
- Qu’en est-il du clivage ou sympathies , reconnaissance entre des groupes comme le vôtre et le public ?
- N’est-il pas assez contradictoire de constater également que les groupes à revendication gothique poussent comme des champignons – et ceci surtout à paris, depuis peu ? Démarche sincère ?
- N’est-il pas difficile de faire allier art, authenticité et compromis pour faire passer justement son univers ?
- Que pensez-vous des médias gothiques actuels ? Presses , webzines, fanzines ?
- mm…question solidarité ? les échanges entre groupes pour booker des dates de concert, çà marche encore ou pas ?

En ce qui concerne le clivage entre le groupe et le public, j’avoue que je ne sais pas trop. Il y a autant d’avis que de personnes, et c’est difficile de globaliser pour l’instant. Il y aura toujours des gens tristes qui n’aimeront pas ceux que d’autres trouveront génial, c’est intrinsèque à l’être humain moderne je crois. Mais je reste surpris de témoignages de sympathie et de soutien qu’on reçoit par mail (ou de vive voix) après nos concerts. Quand un concert nous est apparu nul (pour x raisons), il y a toujours eu quelqu’un pour nous témoigner sa sympathie, nous dire qu’il trouvait ça vraiment bien : ça remonte vraiment le moral, d’autant qu’à ce moment, ce n’est pas forcément la réaction qu’on attendait. C’est bien.
Avec tout ces trucs et ces machins pseudo gothique, j’ai du mal à dire qu’on fait de la Darkwave, du Goth, de l’Electro ou de l’indus, ou je ne sais quel nouveau nom à la mord-moi-le-nœud. Je suis de plus en plus pommé la dedans. On dira qu’on fait du CYANHIDE, et puis c’est tout.
Les médias cherchent à se faire de la thune, et ça me paraît inévitable, quoique que vraiment énervant à la fin. Mais c’est vrai qu’on est loin d’un certain esprit underground, plus punk que dandy. Personnellement, je ne me reconnais en rien de ce que je vois autour de moi, on fait de plus en plus figure d’électrons libres, et on emmerde le monde.
Au niveau solidarité, ça existe toujours, avec quelques groupes, et on s’est déjà passer quelques plans (Mukrackers / Zorglub). Mais bon, il y en a d’autres, c’est vraiment l’indifférence totale. Mais tout ça me semble plus lié à des problèmes de personnes, d’affinités personnelles, qu’autre chose...


8 – Il est passablement surprenant de voir que malgré votre expérience, la qualité de vos productions, vous êtes encore autoproduits, à l’heure actuelle.
- Avez-vous tentés de vous faire signer ? ou préférez-vous comme Elend voire The Gathering l’autoprod comme contrôle intellectuel artistique de votre travail ?
- L’Allemagne est très à l’écoute de votre style musical …. N’y a –t-il pas quelque Lorelei qui vous ait souri ? Ant-zen, Trisol ?
- Les Danse Macabre studios produisent pas mal de très jeunes groupes , grâce notamment à Bruno Kramm – pensez – vous vous offrir ses services dans l’avenir pour Cyanhide ?

Merci tout d’abord, pour le compliment sur la qualité J. On aimerait bien être signés, mais comme on a pas de Manager, on ne fait pas toujours toutes les démarches qu’il faudrait. La vie est ce qu’elle est pour chacun de nous, et on a des pré-occupation hors de CYANHIDE qui font qu’on manque trop souvent de temps.
Ce n’est plus une volonté de rester auto-produit aujourd’hui, même si ça l’a été à une époque. On se rend compte qu’on ne peut pas tout faire, et qu’un coup de main serait vraiment le bienvenu.
On n’a contacté que quelques labels en Allemagne, et on n’a pas de conclusion positive sur le sujet en l’état. Mais on est très loin d’avoir fait le tour, donc soyons patient.

9 – Puisque nous en sommes à parler de distribution, où peut-on commander Danceflooor ? sur le net, en vpc ?

Tous les albums sont en VPC sur notre site Internet http://cyanhie.com, sur http://www.Worlock.org, à l’Enklave (vente Directe à Paris), à Darkland (vente directe à Paris aussi), à la FNAC des italiens (à Paris toujours), à Dysphorie (..euh ... Paris aussi), etc...
La liste évolue et est mise à jour régulièrement sur notre site (section ‘Distributeurs’)
On évite d’en disséminer partout car trop de distributeurs s’avèrent malhonnêtes : ils ne nous paient carrément pas les CD qu’ils ont vendus (malgré x relances, et x excuses). Bilan des courses, les clients qui ont payés honnêtement leurs CD ont engraissé des gros porcs pour rien. Ca nous énerve, et maintenant, on en boycotte la majorité. Ceux qui sont sur notre site sont ‘Safe’ et, on peut acheter les yeux fermés...
Ca fait des années que j’ai envie de publier une BlackList sur notre site, mais je ne peux pas pour des raisons juridiques, mais ça me démange régulièrement. Ceci dit, cette liste circule quand même sous le manteau (entre groupes), faut pas déconner non plus...

10 – Vous précisez – avec raison – que vous vous occupez également des lumières lors de vos concerts.
- Comment gérez-vous la mise en scène ? Comment travaillez – vous l’ interaction entre les deux ? Avec quel matériel ? Est-ce pour plus d’autonomie que vous gérez aussi cet aspect ou pour simple raison de restriction budgétaire ?
- L’aspect performance live est-il important pour vous ?
- Qu’en est-il de ces fameux concerts en forêt ? Le décorum rajoute-t-il une dose de magie ?

L’utilisation des lumières est un projet qu’on a mené à bout récemment. On pense les lumières comme faisant un tout avec le morceau. Contrairement à un concert traditionnel, ou les lights arrivent un peu au hasard, suivant les compétences de l’éclairagiste local, on a ici tout préparé à l’avance, et tout est synchronisé avec les sons. Ca ouvre des possibilité uniques que très peu de groupes utilisent (en fait aucun je crois).
Le live est très important pour nous, c’est la récré, la détente. Et on se creuse beaucoup la tête pour essayer d’avoir quelque chose de sympa en face. Il y a encore beaucoup à faire, mais c’est déjà cool comme ça. Quand au concert en forêt, c’était une boutade qui disait qu’on était tellement autonome, qu’une prise de courant suffisait pour faire un concert. Why not ?

11 - Comment se porte Dancefloor niveau retour ? Le public est-il généreux en live ?

On a pas encore fait beaucoup de concert. Les plans corrects sont rares, et comme on n’est pas franchement chaud pour jouer dans des troquets, ça s’espace. Trouver des plans c’est possible, mais combien sont foireux au final ?
Au niveau live, on est plutôt bien accueilli, je crois, même si c’est inégal. Mais les plus chaleureux ne sont pas les plus lookés, loin de là... Les seuls qui nous aient jamais offerts des bières sont des belges à tête de bûcherons (jeans, chemises à carreaux, grand barbes, grands sourires, et bras épais comme des troncs d’arbres)...


12 – un petit mot sur votre participation à la compilation ‘ La chambre froide ‘
Quels sont les styles représentés ? où peut-on se la procurer ? Quel en est le but ?

Pour la compilation de la chambre froide, il faut voir sur directement le site : http://lachambrefroide.net. Du fait de l’actualité (sortie de DanceFloor), on n’a pas trop géré directement tout ça, et c’est ‘gyom’, de la chambre froide, qui s’en est chargé pour nous. Je trouve qu’on est un peu décalé par rapport aux autres groupes, mais bon, pourquoi pas, après tout...


13 – Et ce concours Roadrunner, quelle en est la finalité ? Cyanhide est-il en bonne place pour le sprint final ?

Et bien... je ne sais pas. On s’est un peu retrouvé là-dedans sans vraiment l’avoir cherché. Aux innocents les mains pleines ! Quant aux résultats, on verra en 2004. On n’y croit pas trop ici, mais bon, il n’y a pas de raison de se fermer des portes sans raison. Donc, ‘Wait and See...’
Sur le principe, il s’agit d’un tremplin basé sur des votes du public et des gens de RoadRunners. Chacun des 12 groupes pré-sélectionnés par RoadRunners pour ce tremplin, est présenté pendant 3 mois en concurrence avec 3 autres groupes. Le plus voté remporte cette session de 3 mois. Au final, il reste 4 groupes (le concours dure 1 an). Il y a un choix final, qui mène à ... euh.. je ne sais pas... OK, j’ai honte, je me cache...


14 – Finissez l’interview comme il vous plaira et merci de votre temps, patience et musique. bon courage.

C’est la plus longue interview à laquelle il m’ait été donné de répondre. Ouf. J’ai soif moi...
On pense déjà à l’album suivant. Mais comme d’habitude, notre problème principal est l’argent. Tout traîne à cause de ça. C’est lourd à la longue.
L’été prochain, j’irai sur les plages vendre nos CD et nos T-shirts aux Juilletistes et Aoutiens de tous poils (s’ils en ont... des poils). Peut-être qu’avec un string et des faux seins ça marcherait mieux... Je vais y penser tiens...